Depuis sa création en 1999, l’euro a évolué avec les fluctuations du dollar. Elle a connu de nombreuses phases de dévalorisation et de stabilisation. Voici l’essentiel à savoir sur les fluctuations du cours dollar-euro.
Plan de l'article
L’évolution de l’euro par rapport au dollar depuis sa création
Le 4 janvier 1999, la monnaie européenne fait son apparition à 1,1789 dollar pour un euro. Les débuts sont marqués par l’incertitude : dès octobre 2000, l’euro tombe à 0,85 dollar. Ensuite, la tendance s’inverse. L’euro s’apprécie constamment jusqu’à son record du 15 juillet 2008, où il s’échange contre 1,60 dollar.
Après ce pic, l’histoire prend un autre tournant. Dès 2008, l’euro entame une longue phase de repli, jusqu’à atteindre environ 1,10 dollar en 2015. Suivent plusieurs années d’équilibre relatif autour de 1,15 dollar, une situation qui perdure jusqu’à la fin de 2021.
Le vent tourne encore en 2022 : l’euro s’essouffle à nouveau et, le 13 juin de cette année, il touche la parité avec le dollar, une situation inédite depuis deux décennies. Si l’on compare le taux initial à celui de l’été 2022, la monnaie européenne accuse une chute d’environ 18 % face au billet vert.
Les raisons de l’actuelle faiblesse de l’euro
À partir de 2008, la monnaie européenne entre dans une période de turbulence. Ce glissement s’explique en partie par la crise financière mondiale, qui se transforme rapidement en crise de la dette dans la zone euro. Les doutes n’ont alors jamais été aussi forts quant à la stabilité de l’euro.
Pour éviter le pire, la Banque centrale européenne intervient, adaptant sa politique monétaire. Les États membres, eux, redoublent de vigilance sur leur gestion budgétaire, tentant de maintenir la confiance et de freiner la chute de la monnaie.
Plusieurs facteurs expliquent la nouvelle dépréciation de l’euro observée ces dernières années. Voici les principaux éléments qui pèsent aujourd’hui sur le rapport de force entre les deux devises :
- la sortie récente de la crise du Coronavirus,
- l’inflation,
- la crise énergétique et gazière,
- la guerre en Ukraine,
- le différentiel de taux en défaveur de l’euro,
- la fonction de valeur refuge du dollar.
La résurgence de la crise sanitaire en 2021 a mis à mal les perspectives de croissance en Europe. Dans le même temps, l’inflation s’est accélérée, conséquence directe des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et de la fermeture des sites de production en Chine. Ajoutez à cela la flambée des matières premières : l’Europe doit désormais composer avec la menace d’une crise énergétique d’ampleur.
La parité euro-dollar : que faut-il savoir ?
La parité euro-dollar, c’est ce moment précis où un euro ne vaut plus qu’un dollar. Un glissement qui a des effets immédiats : un euro faible rend le dollar dominant, et tous les biens importés des États-Unis deviennent mécaniquement plus onéreux. Pour chaque achat, il faut alors sortir davantage d’euros de sa poche.
Dans les faits, les consommateurs français se retrouvent en première ligne face à cette réalité. Les entreprises, elles aussi, subissent la pression : les coûts de fonctionnement grimpent, les marges fondent. Face à cette situation, l’État tente de soutenir les entrepreneurs à travers diverses aides ponctuelles.
De son côté, la Banque centrale européenne ne reste pas spectatrice. Pour enrayer la baisse de l’euro, elle a récemment mis fin à ses achats nets d’actifs dans le cadre de son programme d’intervention. Le message est clair : la stabilité de la monnaie reste au cœur des priorités.
Reste à savoir si ces mesures suffiront à inverser la tendance ou si le dollar continuera de mener la danse. L’avenir du duel euro-dollar se jouera autant sur les marchés que dans les décisions politiques et économiques des prochains mois.
